Un retour sur investissement sur 3 à 5 ans

La virtualisation du poste de travail commence à émerger. Une enquête réalisée par le cabinet d'études ITIC (Information Technology Intelligence Corp.) sur plus de 800 entreprises internationales montre que 31% des sondés prévoient de mettre en oeuvre une solution de type VDI (Virtual Desktop Infrastructure), c'est à dire de virtualisation du poste de travail, cette année, soit plus du double comparé à l'année précédente. Une technologie annexe, la virtualisation d'applications, est également en progression. 37% des sondés en planifient l'installation, soit une augmentation de 15% en un an. De même, l'institut Gartner a constaté que 33% des organisations prévoient de déployer en 2010 des postes de travail virtuels hébergés, autre dénomination pour le VDI.

A l'inverse, environ les deux tiers des entreprises choisiront de ne pas déployer d'espace de travail ni d'applications de virtualisation cette année, ou bien seront hésitantes. « Il y a de bonnes raisons à cela », estime Chris Wolf, analyste pour la firme d'études Burton (récemment rachetée par l'institut Gartner). «Le retour sur investissement (ROI) pour l'installation de postes de travail virtuels est estimé entre trois et cinq ans», précise Chris Wolf. « Et contrairement à ce que les fournisseurs déclarent, il n'y a pas de retour sur investissement pour un déploiement à grande échelle de postes de travail virtuels hébergés au sein d'un serveur. » Quelques clients « pionniers » venant d'installer ce type de solution précisent qu'ils ont fait des économies en prolongeant la durée de vie de leurs PC ou en utilisant des clients légers moins chers. De plus, ils indiquent que l'hébergement d'images de postes de travail dans le centre informatique améliore l'administration et en facilite la restauration en cas de défaillance du dispositif.

Mais déplacer les images du poste de travail et les applications d'un utilisateur dans un serveur central requiert un changement majeur à la fois dans l'infrastructure informatique et dans les mentalités. Le directeur des réseaux et systèmes de l'Université de Brandeis, Massachusetts, John Turner a adopté la virtualisation des serveurs mais reste sceptique quant à sa contrepartie technologique sur les postes de travail. Si un serveur tombe en panne, les utilisateurs peuvent sans doute encore se connecter à Internet et réaliser leur travail. Mais "si un poste de travail s'éteint, c'est une toute autre histoire", précise John Turner. En plus, une solution VDI exige aussi une importante formation du personnel IT, mentionne-t-il.

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