Le Green IT est traité en entreprise comme n'importe quel projet informatique et la question financière n'est donc pas occultée. Elle constitue même souvent un levier. Gros plans et témoignages sur 3 stratégies appliquées chez Rodhia, Orange et TF1.

Les entreprises, comme les individus, se déclarent sensibilisés aux questions d'environnement. Si les discours et les déclarations d'intention précèdent souvent les actes, des actions ne sont pas moins menées.

L'informatique, toujours plus présente dans les entreprises, est naturellement mise à contribution, au travers notamment du déploiement de nouveaux outils ou via la réduction de sa consommation d'énergie. Ces projets sont englobés sous l'ombrelle - fourre-tout ? - Green IT.

Green IT : des projets avec un ROI, pas de la philanthropie

Si la communication institutionnelle des entreprises s'empare généralement de cette problématique, car porteuse en termes d'image, les responsables informatiques tiennent eux sur le sujet des propos moins lénifiants, et au contraire plus prosaïques.

C'est notamment le cas de Xavier Rambaud, DSI du groupe pétrochimique Rhodia.
« Je ne crois pas trop à la philanthropie. Nous vivons dans un monde qui a besoin de drivers économiques. Chez Rhodia, cela représente un business important et une préoccupation. L'aurait-on fait s'il n'y avait pas d'incitations ? On peut toujours dire oui. Mais il faut reconnaître que l'aspect financier a contribué à aller plus vite »

A TF1, le constat est analogue.
« TF1 a fait son premier bilan carbone en 2006. Ce n'était pas encore la mode du Green. La société était donc déjà sensibilisée. Toutefois, la crise étant, l'aspect économique entre en ligne de compte et plus qu'il y a cinq ou six ans. Ce qui a permis de convaincre l'informatique de développer le Green IT rapidement, c'est l'aspect financier » souligne Thierry Michalak, adjoint au DSI, responsable bureautique et mobilité de TF1.

La baisse de consommation souvent un effet d'aubaine

« Pour tous ces sujets qui ont des effets énergétiques, je pense que nous sommes plus dans l'effet d'aubaine. Cela se constate par exemple avec le papier recyclé. En 2008, il est devenu plus cher que le papier neuf en raison des coûts logistiques. Les commandes de papier recyclé se sont alors effondrées. Cela démontre qu'il y a des limites à la vertu lorsqu'il n'y a plus de levier économique » insiste Xavier Rambaud.

Les deux professionnels reconnaissent par ailleurs que l'informatique n'est pas, et de loin, la principale source d'émission de gaz à effet de serre dans leur organisation, et donc le premier levier sur lequel jouer pour réduire l'empreinte carbone - mais la chimie pour Rhodia et la production audiovisuelle pour TF1.

En revanche, pour une entreprise comme Orange, l'infrastructure informatique, et sa consommation énergétique, figurent bien parmi les principales dépenses.

« La consommation mondiale en énergie des datacenters est équivalente à celle du transport aérien. Le plus grand consommateur de données, c'est une société qui n'existait pas y a douze ans : Google. Google qui désormais est à plus d'1,5 exabit de data en réel et possède presque 2 millions de serveurs » chiffre Philippe Bourhis, vice président Global Business Development IT à Orange.

L'optimisation des datacenters centrale pour Orange

En matière de Green IT, l'opérateur français se focalise sur l'efficacité énergétique de ses centres de données. Là aussi, c'est l'aspect financier qui est moteur des projets, même si Orange a également dû accompagner les évolutions technologiques en rénovant ses propres infrastructures.

« La téléphonie classique, avant que l'IP n'arrive, requérait des répartiteurs qui occupaient beaucoup de mètres carrés au sol. C'est pour cela qu'Orange disposaient de superficies importantes. En matière économique, ce n'était plus viable de rester dans une configuration de ce type-là. Nous avons eu un peu d'avance sur ce qui est en train de se passer aujourd'hui puisque nous avons été contraints, pour nos propres technologies, de faire évoluer nos systèmes d'information » précise Philippe Bourhis.

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