Faute de combattants, la bataille des hyperviseurs bare-metal est reportée à 2011. Mais en attendant, VMware, Citrix et plusieurs start-ups prometteuse travaillent d'arrache-pied pour répondre à la demande des utilisateurs et des constructeurs de PC.

Contre toute attente, VMware prétend qu'il n'a pas besoin de tenir sa promesse de fournir un hyperviseur bare-metal pour poste de travail, et que s'il avait à choisir un outil de ce type ce serait celui de Citrix. "Il est temps de remettre les pendules à l'heure», explique Vittorio Viarengo, vice-président marketing chez VMware. "S'il y a une entreprise qui peut recommander un hyperviseur, c'est VMware. "

Précédemment l'éditeur de Palo Alto pensait vraiment livrer son propre hyperviseur de type 1 (bare-metal) à la fin de 2009. Mais, plus récemment, les responsables de VMware ont bien été obligés de déclarer que le développement d'une telle technologie "n'est pas un problème informatique facile à résoudre ", et qu'ils ne feraient plus de promesses quant à la livraison d'un tel outil. Lors de la dernière convention VMworld 2010 à San Francisco, l'éditeur a bien dévoilé la version 4.5 de VMware View, sa plate-forme de virtualisation pour poste de travail, mais elle ne comprenait pas d'option bare-metal. Citrix a ici damé le pion à VMware avec son outil XenClient, tandis que les start-ups Virtual Computer et Neocleus poussaient leurs propres solutions de ce type. Une autre société, MokaFive, a également annoncé qu'elle proposera un hyperviseur de type 1 début 2011.
Alors que plusieurs solutions de type 2 sont déjà disponibles sur le marché (VMware Player, VirtualBox, Parallels Desktop and Windows Virtual PC), VMware soutient aujourd'hui que les clients ne sont pas prêts pour un hyperviseur de type 1.  Vittorio Viarengo explique que VMware a toujours un projet en cours de  développement avancé dans ses laboratoires et qu'il pourrait être lancé rapidement, mais ce ne serait pas une priorité.

Une meilleure gestion du matériel

Pour bien comprendre le débat, il n'est pas inutile de rappeler que les hyperviseurs de type 1 s'installent directement sur le matériel d'un ordinateur, alors que les systèmes de type 2 prennent place au dessus d'un système d'exploitation. Les analystes et certains fournisseurs avancent qu'un hyperviseur bare-metal permet de mieux isoler les machines virtuelles sur un poste de travail ou un serveur et qu'il est également possible d'améliorer la sécurité en installant des systèmes d'exploitation et des applications distinctes sur les machines personnelles des utilisateurs. Mais les hyperviseurs de type 1 n'en sont qu'aux premiers stades de leur développement, et pas seulement chez VMware. « Aujourd'hui, les hyperviseurs bare-metal pour poste de travail n'offrent pas tous la même robustesse » et représente, « une niche technologique », explique Ion Song, analyste en système et virtualisation chez IDC dans une récente interview à nos confrères de NetworkWorld ().

Si l'installation d'un hyperviseur de type 2 au-dessus d'un système d'exploitation est relativement facile, les différences de matériel sur les PC font qu'aujourd'hui les hyperviseurs bare-metal ne supportent pas tous les postes de travail, avance Scott Davis, directeur technique chez VMware. Le but est d'aider les entreprises à accompagner les utilisateurs qui désirent utiliser occasionnellement leur machine personnelle pour travailler, et ce, sans problème de sécurité. Et aujourd'hui, les hyperviseurs de type 2 assurent cette fonction avec des images virtuelles conçues par les entreprises avec tous les outils nécessaires à l'employé.

Patienter avec des hyperviseurs de type 2

«Nous avons estimé qu'il y avait plusieurs solutions pour répondre aux besoins de nos clients avec une approche de type 2, avance Vittorio Viarengo. Mais de même que les hyperviseur de type 1 ont remplacé les type 2 sur les serveurs dans les datacenters, la technologie bare-metal jouera le même rôle sur le marché des postes de travail. Il est peu probable que VMware se fasse vraiment distancer, mais il y a toujours un risque de tomber de son piédestal en retardant trop longtemps l'arrivée de son produit sur le marché. Le XenClient de Citrix pourrait commencer à arriver sur les PC vendus par les fournisseurs de matériel au cours du premier trimestre de l'année prochaine, selon Chris Wolf, analyste du Burton group, qui ajoute que «si, à ce moment, VMware n'a toujours pas de produit en version bêta à présenter, on peut estimer que l'éditeur de Palo Alto accuse un retard d'au moins un an ».

Les dernières annonces de VMware indiquent que la firme estime que ce n'est pas encore un risque de laisser le champ libre à l'hyperviseur bare-metal de Citrix. Dans une allocution prononcée à deux voix, les propos de Vittorio Viarengo et Scott Davis sont similaires à ceux du PDG de l'éditeur, Paul Maritz, en dernier juillet lors de la présentation des résultats financiers. «Nous offrons côté client la fonctionnalité hors ligne View, qui est une part de notre solution VMware View 4.5, avait dit Paul Maritz à nos confrères du Register (). «Les réactions que nous avons reçu de nos clients sont que le marché n'est pas encore prêt pour un hyperviseur bare-metal. Ainsi, en nous focalisons sur la fourniture d'un hyperviseur Windows pour Windows, nous répondons à la majorité de la base installée du marché. La principale question avec un hyperviseur de type 1 est de savoir à quelle base installée vous vous adressez ? Nous avons donc opéré ce changement en fonction des commentaires des clients. "

Illustration XenClient de Citrix

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-vmware-justifie-habilement-le-retard-de-son-hyperviseur-bare-metal-31553.html