Mardi s’ouvrira la version européenne de VMworld 2010 à Copenhague, avec l’incontournable discours du patron Paul Maritz, accompagné de Steve Herrod, CTO et directeur de la R&D chez VMware. Quasiment un mois après l’édition américaine, on se demande ce que VMware pourrait bien avoir à raconter de plus. Il semblerait pourtant que l’éditeur en ait gardé un peu sous le pied.

vCloud Request Manager sur les rails

Selon Eric Slooff, du blog Ntpro.nl, VMware s’apprête à annoncer un nouvel outil, vCloud Request Manager (nom de code, Sydney), mardi. Il s’agit d’une couche d’administration supplémentaire à l’outil de gestion de cloud privés vCloud Director (annoncé fin août dernier). vCLoud Request Manager permet d’aller plus loin et apporte gouvernance et meilleur contrôle des clouds privés. Il permettrait de mieux provisionner les vApps, attribuer ou libérer les licences en fonction du commissionnement ou du décommissionnement de ces vApps, et apporterait plus de granularité dans la définition et réglages et paramètrages des partitions Cloud grâce à des “blueprints”. Ce produit devrait être disponible d’ici la fin de l’année. On en saura évidemment plus mardi, mais il semble que VMware axe cette édition sur l’administration du Cloud. A suivre !

Des nouvelles pousses à regarder de près

L’administration des Clouds sera bien sûr aussi présente via CA et BMC. Mais dans ce domaine, l’innovation va bon train. Ce salon sera en effet l’occasion de rencontrer plusieurs starts-up qui se consacrent à l’amélioration des infrastructures virtualisées, ou des clouds, via des outils d’administration dédiés. Parmi la vingtaine de start-ups repérées, cinq d’entre elles ont particulièrement retenu mon attention. Je reviendrais probablement sur les autres par la suite.

>Liquiware Labs : les co-fondateurs de cette start-up ne sont pas nés de la dernière pluie en matière de virtualisation (David Bieneman, fondateur de Vizioncore, J. Tyler, fondateur de Foedus, Sonja Pelichet, fondatrice de Dunes US, ou Jonathan Alexander, fondateur de vmsight…). Liquiware Labs est une sorte de chaînon manquant dans le domaine du poste de travail virtualisé, VDI. “Nous voulons accélérer l’adoption du VDI. Au lieu de réinventer la roue, nous avons regardé comment pousser au mieux le VDI” renchérit Sonja Pelichet, co-fondatrice. Comme on le sait, les projets VDI ont du mal à décoller, notamment par manque des meilleures pratiques ou d’outils d’audit spécifiques. C’est désormais chose faite, puisque Liquiware Labs apporte une méthodologie complète pour planifier, migrer, et administrer les infrastructures VDI, quelle que soit la technologie sous-jacente envisagée (Citrix XenDesktop, VMware View, etc…). La start-up propose trois solutions (dont une partie provient du rachat de Entrigue Systems) : Stratusphere UX, qui permet, dans une phase amont, de réaliser un inventaire des postes de travail présents dans l’entreprise, physiques ou virtuels, et déterminer ceux qui sont éligibles à la virtualisation; Stratusphere UX permet, une fois l’infrastructure VDI déployée de mesurer ses performances (utilisation mémoire, réseau, CPU etc….). Enfin, Profile Unity permet d’assurer la migration des profils utilisateurs depuis le monde physique vers le virtuel. Selon Sonja, aucune autre solution sur le marché est aussi complète. Bonne nouvelle, Liquidware Labs est commercialisée en France depuis peu via Amosdec, qui a toujours eu le nez fin en matière de start-ups innovantes.

>Nimbula : Ceux qui me suivent depuis le début, connaissent forcément Diane Greene (ex CEO de VMware) et Réza Malekzadeh (ex-Directeur Marketing EMEA chez VMware, cofondateur de Akimbi qui avait été rachetée par VMware, entre autres !). Les voilà ré-embarqués dans une jeune pousse, Nimbula, créée par des connaisseurs du Cloud : Chris Pinkham et Willem van Bijon, co-fondateurs, sont en effet aussi à l’origine de Amazon EC2. Une jeune pousse peuplée d’expérimentés, ça paie : elle a déjà réalisée un second tour de table, et levé 15 millions de dollars auprès d’Accel Partners, et Sequoia Capital, qui avait assumé l’intégralité du premier round. Au total, Nimbula démarre avec 20 millions de dollars. Objectif ? Rendre les Clouds interopérables, en développant un “Cloud Operating System” (Système d’exploitation Cloud), baptisé Director, s’appuyant sur des machines virtuelles standard. Director est donc une couche d’administration agnostique, et sécurisée selon les fondateurs, prenant en compte virtualisation, réseau et stockage. Nimbula semble donc en compétition avec Eucalyptus ou Novell Cloud Manager.

>vKernel : cet éditeur a pour objectif de résoudre les problèmes de performance des machines virtuelles. Elle apporte une suite de capacity management (Capacity Management Suite), capable de s’interfacer avec VMware vCenter, mais aussi avec les outils Microsoft hyper-V. Selon Brian Semple, Directeur Marketing de vKernel, la suite va beaucoup plus loin qu’un VMware Capacity IQ. vKernel permet de gérer de manière granulaire, par exemple le “memory ballooning” (pertes de performance des machines virtuelles lorsque qu’une VM prend de la mémoire à une autre VM non utilisée) fréquent dans les infrastructures virtualisées, ou la latence provenant des disques.vKernel a aussi intégré un outil de chargeback (refacturation à la demande). vKernel est néanmoins en compétition avec Quest et son vFoglight, capable aussi de temps réel. Autre argument de vKernel : le coût réduit, la société propose même des outils gratuits pour démarrer.

> newscale. La société qui veut booster l’adoption des Clouds privés, publics et hybrides, propose d’aller plus loin dans l’automatisation (automation) et l’achat de services à la demande ( self-service), via un portail optimisé, newscale FrontOffice. Elle a formé une coalition avec rpath et Eucalyptus baptisée NRE Alliance.

>Desktone. Première véritable offre de desktop as a service, Desktone Virtual-D Platform, permet aux fournisseurs d’offrir des postes de travail virtuels hébergés comme un service externalisé et sur abonnement, via l’infrastructure cloud. Desktone a déjà noué des partenariats avec Netapp, pour utiliser ses technologies de déduplication et de mise en mémoire cache éprouvées dans le domaine du VDI, afin de rendre le DaaS plus performant et moins coûteux. En France, la société Virtic est aussi une des premières à proposer une offre DaaS.

Plus une start-up, mais vient d’ouvrir un bureau en France :

>Splunk : Outre son nom amusant, Splunk, créée en 2004, se dit révolutionner la manière dont les administrateurs gèrent leurs infrastructures. Leur outil permet de gérer, analyser et indexer tout type de données, quelle qu’en soit la provenance.La réalisation de graphiques, d’analyses et la recherche en temps réel de toutes les données d’un système d’informations permettent à cette solution novatrice de détecter très rapidement les incidents de sécurité, suivre les processus applicatifs et analyser le trafic du réseau. La société a su s’imposer surle marché américain et a déjà noué des partenariats technologiques forts avecCisco, VMware, F5, Blue Coat et Microsoft notamment. Splunk comptabiliseaujourd’hui 1 850 licences reparties dans 70 pays. Elle a ouvert sa filiale française le 1er Septembre 2010 et vient de nouer un partenariat majeur avec Exclusive Network.

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