La révolution qui secoue actuellement la Tunisie impacte fortement les centres d'appels des opérateurs français. Les syndicats mettent donc les dangers des délocalisations en avant.

Deux pans importants de l'économie française sont et vont être touchés par la révolution qui secoue actuellement la Tunisie. Il y a bien sûr le tourisme mais aussi et surtout les télécoms.

En effet, il faut rappeler que de nombreux opérateurs français sont clients de centres d'appels tunisiens pour leurs services d'assistance. Et depuis quelques jours, ces centres ne répondent plus, impactant très sensiblement le service client. Car la Tunisie est très appréciée des opérateurs hexagonaux, bas salaires oblige !

5 à 15% des appels vers les opérateurs français

La part d'appels traités en Tunisie représente de 5 à 15% du nombre d'appels total des opérateurs impactés, avance le syndicat CFE-CGC/UNSA France Télécom-Orange.

Téléperformance, qui a par exemple en charge l'assistance de SFR et une partie du back office d'Orange, est ainsi le premier employeur privé en Tunisie avec 4 000 salariés répartis sur six sites, affirme le syndicat. La crise actuelle paralyse cette activité.

"Dès lors les appels ont du être détournés vers d'autres sites en interne ou en externe. Pour autant l'accroissement de trafic sur ces centres d'appels entraine une dégradation de la qualité. Il en résulte pour les clients à une augmentation du temps d'attente pour les clients voire à une non-réponse", poursuit la centrale.

Et la situation ne devrait pas s'améliorer. "Si la situation venait à perdurer, les mesures d'exception ne suffiraient plus à amortir la baisse de qualité, dès la semaine prochaine [à partir de ce lundi, NDLR] la situation deviendrait critique et des mesures de repositionnement durable des appels devraient s'opérer", souligne la CFE-CGC/UNSA.

Le syndicat rappelle également qu'aujourd'hui près d'un appel sur deux chez les grands opérateurs est sous-traité et la plupart du temps à l'étranger. "La Tunisie, le Maroc, l'ile Maurice, Madagascar, Dakar sont les zones de prédilection pour la délocalisation", souligne la centrale qui réclame qu'une clause de localisation des emplois en France s'applique à tous les acteurs exploitant des ressources appartenant au patrimoine national ou des licences.

http://www.zdnet.fr/actualites/tunisie-les-call-centers-des-operateurs-francais-ne-repondent-plus-39757531.htm